SAVOIR-FAIRE

Broderie mécanique

La broderie mécanique



Les premiers métiers à broder mécaniques sont apparus en France dès le milieu du XIXème siècle, pour faire face à l’industrialisation de la broderie main. Ils sont installés dans la région de Saint-Quentin dès 1868. En 1878, les premiers métiers à bras font leur apparition à Beaurevoir, puis dix ans plus tard à Villers-Outréaux et en 1893 à Caudry, où sont installés en 1906 les premiers à broder de France avec jacquard. Ce secteur est alors en plein essor.
De perfectionnements en modernisation, les métiers à broder mécaniques sont aujourd’hui automatisés et ultrasophistiqués. Les régions de production françaises ont su conserver leur renommée grâce à la qualité de leurs produits. La variété des supports et des matières permet d’innover sans cesse.

La fabrication de la broderie mécanique se décompose en plusieurs étapes.
Les brodeurs étudient d’abord les tendances, soit en consultant des cabinets de tendances externes, soit par leur propre bureau de style. Le dessin est alors réalisé par un esquisseur sur un calque quadrillé, dont l’unité de mesure, la section, correspond à l’écart des aiguilles sur le métier.
Cette esquisse est ensuite digitalisée, mise en carte et « piquée », c’est-à-dire retranscrite dans un format (dorénavant le plus souvent informatique) compréhensible par la machine à broder.

Après que la broderie ait été réalisée, il faut procéder au « rasage », c’est-à-dire à l’élimination des queues de fils, sur l’endroit et l’envers de la broderie. Toutefois, certains métiers modernes équipés de « coupe-fil » permettent d’éviter cette manipulation, en coupant directement sur la machine les fils inutiles.

Pour certaines broderies, comme la guipure, une étape supplémentaire est nécessaire, celle du déchimiquage. Ce procédé permet d’éliminer le support, en plongeant le tissu dans un bain spécial pour le dissoudre ou en le faisant disparaître par élévation de température et action mécanique, pour n’obtenir que les fils tissés de la broderie.
Vient ensuite éventuellement le calandrage qui aplatit et lustre la broderie. Le passage en rame après broderie permet de redonner ses dimensions et son aspect initial au tissu et de fixer définitivement la broderie.
Quelques étapes sont ensuite nécessaires pour obtenir le produit final, telles que le détachage, l’écaillage, le raccommodage, le contrôle et le conditionnement.

Il existe deux types de métiers à broder mécaniques, les métiers verticaux et les métiers horizontaux, utilisés selon l’usage de la broderie et la destination des produits.
Pour les métiers verticaux, il s’agit de broderies en all over ou en bordure de lisière. On les trouve également sous formes de galons, de rubans, de volants, d’entre-deux et de passementerie. Les motifs, tous identiques, sont réalisés en même temps, quelque soit la longueur sur laquelle ils sont brodés. L’espace entre chaque motif est compris entre un pouce (soit 2.7 cm, la distance comprise entre deux aiguilles, autrement appelé 4/4) et peut être répété par « rapport », qui sont des multiples de cette distance de base (8/4, 12/4...). Les laizes (largeur des étoffes) varient de 1.50m à 13.80m selon certains types de métiers, comme avec les métiers Saurer ou Lässer. Les métiers horizontaux quant à eux fonctionnent par « tête ». Ils varient entre une tête (quand il s’agit de métiers à échantillonner et de machines compactes, destinées à l’artisanat) et trente têtes au maximum quand il s’agit de métiers multitêtes.

La tête rassemble les éléments d’une unité de broderies. Ainsi elle se compose de 9, 12, 15 voire parfois 18 aiguilles qui piquent verticalement. Il y a autant de fils travaillés que d’aiguilles présentent dans la tête. Les motifs mesurent au maximum 57 cm de largeur pour 45 cm de profondeur. Les machines mixtes possèdent en plus des têtes équipées de crochets. Elles réalisent des broderies classiques et des broderies Cornély. Certains métiers possèdent aussi d’autres propriétés telles que la découpe au laser ou encore la pose de paillettes ou de soutache.
Les écussons, logos ou autres motifs à placer sont ensuite cousus ou thermocollés.